C’était pourtant mal parti. La gare routiere de Rio de Janeiro n’est pas la plus accueillante du pays, ça c’est sur. Le jour ou je suis arrivé, vers six heures du matin, je m’étais dis que j’allais attendre un peu en arrivant, histoire de ne pas sonner chez mon hote couchsurfing avant le lever du soleil.

Premiere constatation, il n’y à pas de métro relié à la gare. Le coin est rempli de mendiants qui ont tous l’air plus effrayants sympas les uns que les autres, il n’y à rien qui permet de s’en sortir avec les bus si on connais pas et qu’on parle très mal la langue, et j’ai pas très envie de jouer à l’aventurier dans une ville inconnue comme ca. Je passe un bon moment à somnoler et regarder les nanas du taxi qui essayent d’achalander les gringo qui débarquent, et puis je me lance.

On me déleste de 20 R$, et me pose les fesses dans une de ces voitures jaunes, la course contre la montre à apparement commencé. Enfin, c’est ce que devait surement se dire mon chauffeur, vu comment il conduit comme un fou. Je remarque d’autres mendiants en short qui dorment sur le terre plein au milieu de la route.

Bon, et ben ca à l’air cool Rio hein.
Et pourtant huits mois plus tard, j’ai le coeur lourd et la gorge serrée à quitter cette ville incroyable.

J’avais trois objectifs en arrivant.

Apprendre le portugais brésilien: Quand tu arrives dans un pays, tu as tout un tas de clichés en tête. L’un d’eux pour moi, c’était que le portugais est une langue moche, moustachue et monosourcil, bourrée de ch ch ch et qui passe le balai. Mais je me voyais pas passer plusieurs mois ici sans parler la langue. Je ne sais par quelle magie noire, mais aujourd’hui pour moi c’est l’une des plus belles du monde, et l’apprendre à été une aventure plus qu’enrichissante. J’ai encore beaucoup à faire pour la dompter totalement, mais vraiment je regrette pas. Petite remarque tout de même, j’ai rencontré des portugais du portugal, et eux parlent vraiment en CHCHCHCHCH.J’ai pas encore réussi à trouver ça beau!

Rester ici sans dépenser: Objectif atteint, après le carnaval, j’ai très rapidement trouvé un travail à la fois super facile et interessant. Alors certes, ca payait presque pas, mais ca m’a permis de survivre ici huits mois sans quasiement rien dépenser.

Faire du bénévolat: C’est pas le temps libre ni les occasions qui manquaient, mais pourtant j’ai rien fait à ce niveau la. Petit regret, c’est quelque chose que je garde pour la suite, que ça soit dans un autre pays, ou une autre fois à Rio. J’avais été faire un tour à Rocinha, la plus grande Favela de Rio (+ de 300 000 personnes), et bizarrement peut etre, j’avais trouvé ça assez fascinant. La proximité des gens riches avec les gens très pauvres au Brésil m’étonnera toujours. J’habitais à Copacabana, l’un des quartiers les plus aisés de la ville, et à deux rues (littéralement!) de chez moi il y’a la favela de Cantagalo, ou on peine à avoir l’eau courante.

 

Rocinha

Rocinha

Bien au dela de tout ça, Rio est devenu mon deuxieme chez moi, et ça pourrais bien un jour en devenir le premier. Je suis lentement mais surement devenu completement accro à la cidade maravilhosa et à ses habitants. A son grand soleil la plupart du temps, à passer faire un petit tour à Copacabana, à sa petite biere tout légère mais si agréable, à ce joli petit bordel, cette géographie chaotique, ces bus infernaux, ces cris de sauvages chaque fois que quelqu’un marque un but. Les haricots au riz, l’açai du chinois brésilien du coin de la rue, les lumieres la nuit. L’ambiance. Je pourrais continuer longtemps comme ça.

A gauche, copacabana vue depuis le pain de sucre

A gauche, copacabana vue depuis le pain de sucre

Il y a des choses qu’on a du mal à expliquer, mais le fait est que je me sentais très bien à Rio. C’est aussi pour ça que j’y suis resté plus longtemps que prévu.

 

Mes derniers jours ici ont été pluvieux. Une grande prophète brésilienne (j’éxagère à peine) m’a dit que c’est Rio qui pleure mon départ. J’aime cette idée. Soit pas triste, on se revoit bientôt.