David part pour le Pérou, sa famille va lui rendre visite la bas fin Juillet. Apres plusieurs mois à Rio, il quitte avec tristesse la ville et me propose de venir avec lui jusqu’a Iguacu, à la triple frontiere Brésil, Argentine, Paraguay.

Iguacu, c’est surtout connu pour ses chutes d’eau. J’en ai déjà entendu parler plusieurs fois, par différence personnes, comme quoi c’est un truc à ne pas manquer en Amérique du sud. J’accepte l’invitation, et je me dis que ca va être l’occasion de faire mon bapteme d’autostop avec un professionnel. On aurait pu faire Rio – Curitiba en stop, mais c’est un peu long et compliqué selon lui, car ce sont des métropoles gigantesques avec des dizaines de routes qui en sortent. On chope donc un bus de nuit de 12h, pour arriver au petit matin dans une ville de taille plus raisonnable, Curitiba, dans l’état de Parana.

Bon, alors le stop comment ca marche? Et bien tout est question de trouver une bonne station essence. Ca permet de filtrer les gens louches et de s’adresser directement aux conducteurs arrêtés, pour entamer le dialogue. La plupart des gens ont très peur de nous, et nous expliquent qu’ils auraient jamais accepté de nous prendre si on était pas des gringos. On enchaîne les voitures, et mêmes les camions de routiers (une première pour moi, c’est vachement haut en fait!Et ça avance pas dis donc…), et à ma grande surprise, en deux jours nous voila arrivé 600kms plus loin, à Foz de Iguacu, notre destination. Le stop donc, ça fonctionne, suffit d’avoir du temps, de la patience et un peu d’audace (ainsi qu’un bouquin quand vraiment y’a personne)

En action

En action

A foz, on rencontre Charlotte, une française qui avait prévu de voyager 3 mois en Amérique du sud,mais plutôt du coté Bolivie, Pérou. Elle à pris son billet d’avion jusqu’à Rio parcque c’était beaucoup moins cher et comptait quitter le pays rapidement. Résultat, 3 semaines plus tard, elle y est toujours, et a eu beaucoup de mal a se bouger le popotin pour partir d’ici. Quand je vous dit qu’on tombe amoureux du Brésil…

 

Les chutes, et bien c’est encore l’un de ces endroits indescriptibles, qui ne donnent pas grand chose en photo mais que vous devez avoir vu dans votre vie. Vous pouvez les voir du coté Brésilien, et du coté Argentin. On a fait les deux, et bien que le coté Brésilien donne déjà une belle grosse claque, le coté Argentin nous a vraiment achevé. Si vous voulez vous sentir tout petit et philosopher sur les forces de la nature, c’est la qu’il faut aller. Pour infos, le barrage du coin fournit de l’électricité pour tout le Paraguay, ainsi qu’a environ 25% du Brésil. Oui, c’est beaucoup, c’est quasiment la population entière de la France.

Une vue du coté Bresilien

Une vue du coté Bresilien

Je dis Adieu à David, et j’entreprend de rentrer en stop, tout seul cette fois donc.

1er voiture: Un homme et sa fille de 6 ans à l’arrière. Il à très peur de moi, me demande si je transporte pas de drogues et si je suis pas armé. Il m’avance d’une vingtaine de kilomètres pour me sortir de la ville, me laisse à une station essence, et veut même me donner 20 $R au final pour m’aider. Je refuse parcque je suis un gars bien.

 

2em voiture: Un routier paraguayen qui me parle en portugnol et téléphone à sa famille en Guarani. Lui aussi à peur de moi, je le sens quand je lui demande par curiosité ce qu’il transporte (de la farine), il me demande genre « pourquoi tu me demandes ça ». Non t’inquiètes pas mec, je vais pas te braquer. On reste assez longtemps ensemble, et puis finalement il s’arrête pour regarder le match de foot Paraguay-Brésil. Sans moi, j’ai de la route à faire!

 

3em voiture: Deux types qui travaillent dans le bâtiment, et qui rentrent chez eux dans la ville de Cascavel. Ils transportent un cochon à l’arrière du pickup, ca sent le barbeque tout ça. Ils me laissent aux portes de la ville, et j’y dors pour une bouchée de pain (10R$,ca change de Rio ou c’est environ 4 fois plus cher).

Preparez vous a etre trempé

David, encore quelqu'un de qui j'ai beaucoup appris

Je me lève tôt pour mon deuxième jour, mon objectif est d’arriver jusqu’a Curitiba aujourd’hui, j’ai finalement peu avancé hier (environ 200kms)

 

1er voiture: Deux jeunes complètements hallucinés par ce que je fais. Ils ont du mal à me croire. On roule une bonne demi-heure puis nos routes se séparent.

 

2em voiture: Un type très intéressant et très intéressé par mon voyage, par la France, par ma vision de la politique et du Brésil. Il y a un accident sur la route, on reste bloqué assez longtemps, du coup je converse pas mal avec lui. On voit passer des aborigènes brésiliens, il me parle de sa fille qui va naître d’ici peu, du jour ou il à été pris en otage, des différences énormes entre le nord et le sud du Brésil. On mange ensemble et il repart travailler en me laissant sa carte de visite.

 

3em voiture: Un père et son fils de 10 ans, tous les deux avec un accent pas possible. J’ai beaucoup de mal à comprendre ce qu’ils me disent, et ça énerve le fils de répéter a chaque fois! De mon coté, j’ai beau leur répéter 20 fois de quel pays je viens, et de façons différentes, je pense qu’ils se demandent encore ce que c’est la « France ». J’ai fini par leur dire Europe, et je crois qu’ils ont dit « haaa ok » pour me faire plaisir.

 

4em voiture: Un couple super souriant, le mari a réveillé sa femme pour qu’elle me fasse de la place (c’est une camionnette avec trois places à l’avant). Ca va, elle le prend bien.

 

5em voiture: Je reste longtemps dans cette station essence. Les gens trouvent toujours une bonne raison de refuser. Bizarrement, ils vont tous dans la direction inverse de la mienne. Mouais c’est ca Finalement, Aldo et son fils Aldo (aussi) acceptent de m’emmener, non sans avoir inspecté mon passeport et fouillé mon sac à la recherche de drogues. Il tient un business de vente de vêtements, on est dans sa camionnette de travail. Je passerais plus de 3 heures avec eux à discuter, à leur expliquer qu’il y a un mensonge énorme ici au Brésil, les crêpes sont vendues sous l’étiquettes « crêpes suisses ». C’est ça, et les bretons font des ricolas aussi?

Aldo, c’est le genre de type super sympa, tout sourire, très chaleureux, mais aussi hyper conservateur, ultra homophobe, anti-américain sans trop savoir pourquoi, et super machiste. C’est un peu triste finalement, de voir qu’un type gentil comme ca peut avoir les idées aussi courtes.A part ça, je passe un très bon moment avec eux, et arrivé à Curitiba, j’ai une nouvelle fois la preuve du grand coeur brésilien. Aldo me force litteralement à accepter son argent qu’il glisse dans mon sac à dos, et puisqu’il vend des vêtements, il sort deux joggings de son camion et me les refile. Waou.

De la, Je reprend le bus jusqu’a Rio, et j’arrive avec une étrange sensation, celle de rentrer à la maison.